Vie de quartier à Guaymallén (Mendoza)

La Casita Colectiva.

On débarque à la Casita Colectiva un samedi soir, en plein carnaval de quartier (faut croire que le carnaval en Amérique Latine ne se contente pas de 3-4 jours de festivité courant février, mais s’étend bien de début février à fin mars… au moins !). Il y a des fanions, des déguisements, un groupe de salsa-cumbia, des gens bourrés qui dansent, des enfants qui jouent aux chaises musicales… la fête quoi !

Une chouette première impression donc ; qui ne fait que se renforcer au fur et à mesure qu’on rencontre les associations qui composent la Casita, et qui vivent toutes à un rythme totalement différent…

casita colectiva ensemble exterieur

Toute la semaine (sauf le dimanche), et seulement le matin, c’est l’Almacen Andante qui assure la permanence !

devanture ensemble

Cette épicerie de commerce équitable vend des produits bio, mais aussi bouquins de permaculture, revues et agendas engagés, t-shirts aux slogans évocateurs et jeux pour enfants, confectionnés à côté, par El Espejo, la coopérative de travail « sin patrón », avec qui ils se sont associés.

El Espejo, ce sont les lève-tôt de La Casita : on les rencontre de 8h à 12h, et pas après ! Dans leurs locaux : un atelier de couture (production des jeux pour enfants), une imprimerie (revues, livres…) et un espace peinture pour la création d’agendas multicolores.

cartel espejo atelier tela atelier ensemble imprimerie

Par chance, on tombe une après-midi sur les chicxs de GiraMundo TV (canal de télévision communautaire), en pleine réunion mais pourtant très disponibles et réceptifs à nos questions. Ici, on informe sur ce qu’il se passe dans les environs, on promeut les groupes de musique locaux et on organise des ateliers de découverte avec les enfants du coin. Parait qu’ils sont même plutôt populaires ! (en atteste les commentaires de la page facebook).

exterieur rires

Enchaînant sur notre lancée, on s’invite à La Barrial, une organisation de quartier qui met en place des ateliers sur plusieurs thématiques : des juridiques (informer sur ses droits, les procédures, à quelle instance recourir…), d’autres qui traitent de sensibilisation sexuelle (l’avortement étant illégal en Argentine, le travail d’information en amont apparaît comme d’autant plus nécessaire) ou certains, plus ludiques, pour les danseurs, chanteurs, musiciens en herbe…

planning bibli2 bibli atelier juridique

On rate quand même les filles de l’Araña Galponera (squat artistique) et les membres de l’Assamblea por el Agua (collectif contre le projet d’exploitation minière dans les environs de Mendoza), sans qu’on puisse vraiment savoir si ce sont eux qui sont peu disponibles ou en réalité plutôt nous… Parce que depuis qu’on a fait la rencontre de Tincho – notre contact initial avec La Casita – on passe tout notre temps avec lui et son groupe de murgueros, tous plus barrés les uns que les autres ! A raison de trois répéts par semaine (où on va presque à chaque fois!) le docu commence doucement à s’orienter sur le phénomène murga en Argentine…

La Caciqueña.

Groupe de murga donc, 18 membres dont 2 filles (autant dire que quand elles manquent à l’appel on se sent un peu seules), tous particulièrement différent(e)s mais qui semblent lié(e)s par une complicité étonnante.

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On se sent de suite à l’aise dans cette ambiance bon enfant, où tout le monde rie, chante et gesticule. Personne ne sait vraiment qui on est et ce qu’on fout là mais on est adoptées instantanément.

Au fur et à mesure que le temps avance (on était quand même censées rester 10 jours à Mendoza, et on y est bien restées le double), on découvre des tensions avec la municipalité, qui s’amplifient jusqu’à ce que cette dernière leur interdise l’accès au Club sportif dans lequel ont habituellement lieu les répétitions. En période électorale une murga, plutôt populaire dans le quartier, qui chante à tue tête des textes dénonçant les magouilles des politiciens du coin, ça fait un peu tache.

On assiste à l’organisation de la « résistance » : réunions interminables où chacun donne son avis, communiqués passionnés sur facebook pour demander le soutien des habitants du quartier, montages vidéos idylliques pour faire la promo… Et mine de rien, c’est pas mal inspirant d’assister à tant de mobilisation, tant d’énergie déployée au sein de notre groupe chéri, qui y croit coûte que coûte !

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C’est donc avec un pincement au cœur qu’on a finalement quitté Mendoza, après avoir rencontré tant de beau monde (et je dirais même plus « re-rencontré » : you know Emilio-Lucas-Nathan les bg français du Pop n Roll !), mais on se dit et on se redit que ça fait partie de l’expérience voyage, savoir quitter et continuer…

QUE SIGA LA AVENTURA !

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