La Paz autogestionnaire

Fundacion COMPA – El Alto.

COMPA c’est un énorme édifice de 7 étages, tout en matériaux recyclés-récupérés, situé dans le quartier périphérique de El Alto.

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On tombe par hasard sur le directeur, Ivan Nogales, qui vit à l’intérieur avec sa petite famille, et qui nous propose de nous installer ici quelques jours ! Il nous explique que depuis 1989, ils y organisent des ateliers de théâtre destinés à ces enfants/adolescents des environs « difficiles » de La Paz, et que plus récemment la danse et l’audiovisuel se sont joint au programme.

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Au départ, et pendant pas mal de temps, autogérés, ils fonctionnent désormais grâce à des subventions extérieures (européennes pour la plupart, le gouvernement bolivien n’investissant rien de chez rien dans le domaine artistique et culturel…) vu l’ampleur actuel du projet.

Le succès est tellement au rendez-vous que la troupe de théâtre du lieu – El Trono – est invitée à droite à gauche pour se produire lors d’événements nationaux et internationaux. Une belle opportunité pour des gamins qui, pour la plupart, n’ont jamais quitté La Paz (ni même le quartier d’El Alto…). Ils ont également comme projet, quand l’argent sera au rendez-vous, de créer un village (« El pueblo de los creadores ») dans les Yungas ! A suivre…

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Nous, on fait très vite parties du décor peinturluré du lieu (personne ne s’étonne de nous voir là !) et on a ainsi l’occasion d’assister à une répétition, à un cours de break-dance et un autre de soutien scolaire. Il y a du passage et de l’animation par ici, ça se sent, et on n’est sûrement ni les premières, ni les dernières à s’intéresser au projet !

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On quitte le lieu, optimistes et pleines d’idées, sures d’avoir trouvé en COMPA notre coup de cœur (même si celui-ci reste un peu l’intrus in-autogéré de notre parcours !).

L.

Les Mujeres Creando.

Dans les rues de La Paz, on peut voir sur certains murs des graffs avec des slogans féministes à l’écriture enfantine. Ils sont toutes signées des Mujeres Creando, ce groupe féministe qui existe depuis 20 ans dans la capitale bolivienne et qui a maintenant une annexe à Santa Cruz de la Sierra.

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Avec un peu de difficulté, on arrive finalement à joindre Maria, la créatrice du groupe ou du moins la plus « médiatique ». Crâne rasée sur les côtés, très maquillée, leggins léopard, chaussures compensées et un bon embonpoint. Une femme que l’on remarque en résumé.

Le soir où on a rendez-vous avec elle dans leur lieu, qui fait office aussi de restaurant et d’hostel ; on s’aperçoit que Maria est en réunion, qu’il y a deux nanas qui font aussi un documentaire et que deux autres attendent un entretien avec elle. Donc TRES médiatique. Au final, on aura un entretien le lendemain avec Julieta, qui s’occupe (entre autre) de l’hostel.

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Les membres du collectif travaillent toutes dans le lieu et en autogestion, que ce soit au niveau de la cuisine pour le restaurant, de la radio féministe, de l’imprimerie ou du groupe de justice.

On a eu l’impression d’entendre un discours qui aurait été dit des dizaines de fois ; cela est sans doute dû à leur notoriété mais ça nous a un peu dérangé. On avait le sentiment que le féminisme radical qu’elles défendent alimentait les moqueries/les clichés qu’on lui adresse en général : d’être anti-homme (agressivité), anti-putes, anti-féminité (un livre qui s’intitule « comment être une bonne lesbienne ? » et où on voit une femme nue, poilue, provocante), etc…

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Alors qu’il y a des réflexions qui poussent un peu plus loin et qui sont intéressantes dans le féminisme. Réflexions qu’elles ont sans doute mais qui du premier coup d’œil, ne se voient pas, et c’est ça qu’on leur reproche. De rentrer à fond dans les clichés du féminisme radical et de ne pas donner l’occasion, à ceux qui n’y connaissent rien et qui n’y sont pas sensibles, de s’y intéresser.

Comment peut-on désenclaver les rapports hommes-femmes ou la place de la femme dans la société lorsque la première image qu’on renvoie conforte les gens dans leur idée que le féminisme est un truc de femmes poilues qui détestent les hommes ?

G.

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